Sans commentaire!

J’ai décidé de ne pas activer de système de commentaires sur ce site. En 2024, les commentaires sur les blogs personnels posent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. Pour des raisons de simplicité technique, de performances, d’écologie et de pertinence, je vous laisse m’écrire par mail.

Un blog selon Wikipédia

Commentaires ou pas? L’article Blog de Wikipédia ne tranche pas:

[les articles] sont la plupart du temps ouverts aux commentaires des lecteurs [et lectrices].

[…] car chaque visiteur [ou visiteuse] d’un blog peut laisser des commentaires sur le blog lui-même, ou bien contacter le blogueur [ou la blogueuse] par courriel.

À mon humble avis, la question des commentaires n’est pas définitoire d’un blog. Ce qui fait un blog, c’est l’accumulation de publications personnelles datées et signées. Tout le reste est accessoire.

Toutefois, les commentaires ouverts sont souvent disponibles. Ils ont fait partie de l’histoire des blogs, mais me semblent aujourd’hui dépassés.

Contraintes techniques et performance

Ce site est statique et généré par Hugo. Je ne souhaite pas l’alourdir pour permettre des commentaires. Je ne souhaite pas installer et maintenir un système comme WordPress, Drupal, SPIP, typo3 ou autre. Je souhaite encore moins ajouter un système externe, comme Disqus, qui pose des problèmes de confidentialité et de poids des pages.

La rapidité et la légèreté sont un choix. Il serait malvenu de proposer un site plus lourd et plus lent à une large majorité d’internautes qui ne commenteront jamais, au bénéfice de celles et ceux qui pourraient commenter.

L’absence de commentaires est un choix pragmatique, tant pour mon travail de gestion du site que pour le confort des lecteurs et lectrices.

Spam et écologie

Il existe toutefois de bons outils pour gérer le spam dans les commentaires. En premier lieu Akismet proposé par Automattic, l’entreprise qui développe WordPress. La qualité du filtrage est excellente. Les indésirables ne passent pas la rampe.

Si la question de la modération du spam est résolue, l’aperçu des statistiques d’Akismet fait froid dans le dos. Sur beaucoup de sites, le taux de spam est supérieur à 90% des messages reçus.

En d’autres termes, 9 messages sur 10 envoyés sont inscrits dans la base de données, puis traités par un service externe, pour être finalement envoyés à la poubelle. D’un point de vue écologique, c’est indécent.

Les blogueurs et blogueuses devraient toujours se poser la question de la pertinence des commentaires ouverts. Certes, c’est agréable d’avoir un retour positif, mais ça n’en vaut pas toujours le prix. Au final, c’est parce que beaucoup (trop) de sites permettent des commentaires que des outils de spam sont développés.

Le paradoxe, c’est que l’efficacité d’Akismet entretient la publication de messages indésirables et le gâchis de ressources. Si l’outil était mauvais, les commentaires serait fermés (ou réservés aux personnes inscrites) et les indésirables n’existeraient plus depuis longtemps.

Lieux de discussion

Les lieux pour commenter se sont multipliés. Il y avait les blogs et les forums. Il y a aujourd’hui les réseaux sociaux publics (Facebook, Instagram, Mastodon, Twitter/X), les plateformes de diffusion vidéo (Twitch ,YouTube), les services privés (Discord, Slack), les messageries instantanées (Telegram, WhatsApp) pour ne citer que quelques exemples.

Quoi que l’on fasse de nos blogs, les contenus pourront toujours être discutés ailleurs et il ne sera jamais possible de suivre tous les débats. Même avec un système de commentaires activé, ce n’est plus «sous le billet» que se passent l’essentiel des interactions.

Dans mon monde de rêve, toutes les interactions se feraient par un nouvel article de blog. Un billet m’a interpellé, m’a déplu ou m’a déçu, j’en écris un autre sur mon site. Se crée alors un réseau, sans coordination et sans modération centrale. Ainsi chaque site personnel est de fait un lieu de discussion.

Commentaires sans intérêt

Je ne peux terminer ce billet sans passer par le constat qui fâche. Les interactions sont de moins en moins intéressantes, sur les blogs comme ailleurs. Le schéma suivant est triste à pleurer:

Merci Nicolas pour ce super billet.

Avec plaisir, Sophie.

puis, interaction suivante:

Belle réflexion, amitiés.

Merci cher Pierre.

Les pouces levés, les cœurs et autres «interactions légères» ont tué le commentaire construit. D’ailleurs, les réseaux sociaux ne prévoient qu’un lien par publication (avec prévisualisation), voilà qui en dit long sur ce qui est attendu.

Lorsque j’avais encore des commentaires sur des sites, c’était avant tout pour flatter mon propre ego. Mais plus pour apprendre quelque chose ou relancer ma réflexion.

Si vous avez quelque chose à me dire, mon adresse est disponible sur ma page de contact. Et si votre messagerie est correctement configurée, il suffit de cliquer sur Répondre par mail pour avoir un message au titre déjà rédigé.