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Architecture d'information

Optimiser les taxonomies de WordPress

Par défaut, WordPress propose 4 taxonomies distinctes. Elles améliorent le classement des contenus et l’architecture d’information. Mais mal utilisées, elles risquent de perdre les internautes et les moteurs de recherche.

À quoi sert une taxonomie?

Au départ, la taxonomie (parfois appelée taxinomie) est une discipline de la biologie qui consiste à classer les être vivants en différentes catégories.

Par extension, sur le web, une taxonomie est un critère de classement qui permet:

  • de réduire l’ensemble des contenus publiés dans un blog en corpus plus petits
  • de regrouper les éléments de l’ensemble qui présentent des caractéristiques communes

Les 2 verbes sont importants. Il s’agit à la fois de réduire et de regrouper! Une taxonomie ne doit donc jamais compter un seul élément (ou une proportion trop faible d’éléments), ni tous les éléments (ou une proportion trop forte d’éléments) pour être utile. Voilà pour la théorie.

Taxonomies ou structure en arbre

Les 4 taxonomies de WordPress

Bien des utilisatrices et utilisateurs de WordPress estiment que ce système de gestion de contenu (ou CMS comme Content Management System) propose 2 taxonomies par défaut: les catégories et les mots-clés ou étiquettes (tags).

C’est malheureusement faux. 4 taxonomies sont disponibles par défaut lors de l’utilisation des articles WordPress. Et 3 sont automatiquement actives dès la publication du premier article. Je parle donc de la partie blog ou actualité et non des pages.

Les étiquettes

Cette taxonomie n’est activée que si la personne qui édite son article lui ajoute explicitement des mots-clés. Un blog peut parfaitement se passer de cette taxonomie.

Remarque: Les mots-clés (tags) de taxonomie dont on parle ici ne sont pas identiques aux mots-clés (keywords) en recherche SEO. WordPress parle à bon escient d’étiquettes, mais le vocable mots-clés reste, hélas, souvent utilisé. Les deux termes sont synonymes ici.

Les catégories

Contrairement aux étiquettes, les catégories sont automatiquement actives. Dès qu’un article est publié, une catégorie au moins est activée; elle porte le joli nom Non classé.

Comme chaque article doit appartenir à au moins une catégorie, à chaque publication, il faudra le classer correctement. En théorie, l’attribution de la catégorie est un choix explicite. En pratique, il n’est pas rare que des blogs n’utilisent qu’une catégorie. Ou qu’ils en utilisent plusieurs mais que tous les articles se trouvent dans celle par défaut.

Les dates

La création des archives par dates est en réalité une taxonomie. C’est bien plus problématique que pour les deux précédentes. En publiant un article, une date lui est automatiquement attribuée. Elle est parfois modifiée volontairement.

Mais rien n’indique que des taxonomies d’années, de mois et de jours sont créées. Cette création implicite pose un gros problème. Si la datation des articles est nécessaire, leur classement par dates dans des pages créées automatiquement est inutile pour les internautes. Et néfaste pour le référencement.

Les auteur·e·s

La première fois qu’une personne publie un article en son nom, une taxonomies d’auteur·e est créée. Mais la personne n’en voit rien dans l’interface d’administration. Cette création implicite peut se révéler problématique.

La règle est simple. Quand un blog est personnel, la taxonomie d’auteur·e est inutile pour les internautes et néfaste pour les moteurs de recherche, comme les dates. Cette taxonomie a son utilité quand plusieurs auteur·e·s publient sur un blog collectif.

Conseils pratiques dans WordPress

Je vous signale ce que je considère comme des bonnes pratiques d’utilisation des taxonomies dans WordPress. Elles ne sont pas des vérités, mais des suggestion. Je vous conseille de ne rien changer à votre site existant avant d’avoir lu le passage consacré à l’analyse.

Les catégories

Les catégories existent toujours et sont essentielles à votre architecture d’information. Dans votre blog, vous présentez logiquement différents aspects de votre métier, de vos offres ou de vos compétences. Ces sont vos catégories.

Le nombre de catégories dépend de chaque blog. C’est typiquement ce que je pourrais évaluer dans un audit d’architecture d’information adapté à votre organisation ou institution. En première approche, je vous conseille entre 3 et 10 catégories.

Les catégories doivent être représentatives de votre projet et des vos objectifs. Et utiles aux internautes. Elles sont le fruit d’une réflexion de fond et sont créées et modifiées rarement.

Chaque article doit pouvoir être classé dans une seule catégorie. Et quand elles sont pertinentes, vous les utiliserez dans vos menus ou en lien dans vos articles et pages.

Un cas concret qui supporte une seule catégorie. Un site constitué principalement de pages, dont le blog est une partie minime et où tous les articles sont publiés dans Actualité.

Les auteur·e·s

Comme tout article se voit attribuer un auteur dans WordPress, autant en parler, même rapidement. Deux cas possibles:

  • Pour un site personnel ou un site avec un·e seul·e auteur, je conseille de désactiver les archives d’auteur. Cette action s’effectue en un clic avec l’extension (plugin) Yoast SEO.
  • Pour un site avec plusieurs auteur·e·s, je conseille de garder la taxinomies en fonction.

Dans le premier cas, il peut être judicieux de rediriger le lien actif sur les prénom et nom de l’auteur·e vers une page pertinente: contact ou biographie, voire page d’accueil.

Les étiquettes (tags)

Je vous conseille de ne pas utiliser les étiquettes quand vous lancez votre blog. La facilité de création de cette taxonomie pousse rapidement à en ajouter trop et à noyer l’information.

Les étiquettes ou mots-clés sont utiles dans 2 cas:

  • pour regrouper des contenus classé dans plusieurs catégories, mais qui méritent la possibilité d’un affichage sur une page commune
  • pour regrouper une fraction des articles d’une catégorie qui forment un corpus cohérent et légitime

Mon conseil pratique: n’ajoutez pas d’étiquettes avant d’avoir publié quelques dizaines articles et n’ajoutez pas de mots-clés directement dans l’interface d’édition des articles. Si le besoin d’une étiquette se fait ressentir, créez la et ajoutez lui les articles pertinents.

Les dates

Je vous conseille de désactiver les archives par dates. L’option est disponible dans Yoast SEO. Cette taxonomie est nuisible pour la très grande majorité des blogs.

La seule raison de conserver les archives par date: un blog pour lequel la notion de date est de toute évidence plus importante que les catégories. Par exemple un journal quotidien qui doit permettre l’affichage facile des mois.

Dans les réglages des permaliens de WordPress, je vous conseille d’éviter l’affichage de la date dans l’URL des articles. Attention: n’en changez pas sans réflexion si vous avez déjà publié beaucoup de billets avec de telles adresses!

Analyser ses taxonomies

Si vous lisez cette page, vous possédez peut-être déjà votre site ou blog. Vous avez déjà créé des catégories et des étiquettes. Il faut alors analyser la situation avant de tout remanier.

Nombres

Votre blog compte plus de 10 catégories, c’est trop! Sauf s’il s’agit d’un abécédaire et ses 26 catégories. Non, franchement, essayez de vous limiter pour mettre l’accent sur ce qui compte vraiment. Imaginez faire de vos catégories un menu de taille raisonnable. Et si votre WordPress compte moins de 3 catégories, je pense que c’est trop peu.

Pour les étiquettes, je ne peux donner de nombre idéal, vu qu’ils s’affichent rarement dans un menu. Ce qui compte ici, c’est le nombre d’articles pour chaque tag. Vous pouvez supprimer tous les mots-clés qui renvoient à moins de 3 articles, ils ne servent à rien. Et supprimer aussi les étiquettes qui renvoient à trop d’articles et qui présentent un corpus immense.

Proportions & équilibre

Plus que qu’une question de nombre, l’utilisation des taxonomies exige proportionnalité et équilibre. Dans l’idéal, vos catégories devraient avoir des tailles similaires ou des ratios raisonnables. À l’exception d’une éventuelle catégorie Divers qui pourrait n’apparaître dans aucun menu, le ratio entre la plus peuplée et la moins étoffée devrait être de 1:2 ou 1:3.

Si ce ration n’est pas accessible, il faudra recourir à des sous-catégories. L’exercice n’est pas évident, mais peut valoir la peine pour atteindre les objectifs ambitieux de votre présence web.

Pour les étiquettes, il faut veiller à ce que le nombre de pages de taxonomie de type tag de votre site reste une petite proportion de l’ensemble des pages et articles en ligne. Un site de 150 pages dont 100 d’archives de mots-clés (et pagination des mots-clés) est mal parti pour être bien référencé. Screaming Frog SEO Spider est votre ami.

Une question toute simple pour choisir. Est-ce que je vais des liens manuels vers ce mot-clé dans un menu ou dans mes textes? Si oui, je le garde. Sinon je le supprime.

Statistiques des taxonomies

Dernier critère pour choisir quelles taxonomies conserver et quelles taxonomies supprimer, les statistiques de votre site. Combien de visites les 3 derniers mois pour l’ensemble des pages de votre avec le préfixe /tag/ (par défaut pour les étiquettes) et combien pour les pages avec le préfixe /category/?

Si les visites des pages d’étiquettes ne sont pas significatives, supprimez-les purement et simplement. Si elles sont importantes, regardez s’il s’agit de quelques mots seulement et gardez-les.

Pour les catégories, regardez avant de modifier la structure de votre site si l’une ou l’autre fonctionne beaucoup mieux que les autres. Ou si une n’attire simplement personne.

Internautes et moteurs de recherche

On essaie de résumer tout cela? WordPress est un excellent CMS, mais il pose de vrais problèmes. Il utilise entre 3 et 4 taxonomies par défaut et c’est trop. Donc:

  • désactivation des archives par date
  • désactivation es archives d’auteur (sauf pour les blogs colletifs)
  • limitation des catégories à 10 et on chercher un équilibre numérique entre elles
  • abandon des étiquettes (ou on supprime toutes celles qui ne servent à rien)

Le bilan de tout cela, un site simplement meilleur, voici pourquoi:

  • Vos compétences et points forts sont soulignés par les catégories de votre site, que vous allez intégrer dans un menu. Les internautes seront mieux guidé·e·s.
  • Les étiquettes peu nombreuses mais bien choisis vous permettent de mettre l’accent sur des corpus précis de documents, vous pouvez aussi les inclure dans un menu ou proposer des liens rédactionnels vers eux.
  • Le nombre de page de vrais contenus est proportionnellement beaucoup plus élevé sur votre site, au détriment des pages d’archives sans grand intérêt. Les moteurs de recherche indexeront mieux votre site.

Je me réjouis de visiter votre site revu et simplifié.

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