Nicolas Friedli

consultant web indépendant

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Web perfusé et réseaux sociaux

Beaucoup de sites survivent grâce à la perfusion des réseaux sociaux. Le goutte à goutte fournir l’essentiel des visites à certaines. Elles cachent provisoirement les symptômes et entretiennent la maladie, insidieusement.

Illusion du succès

Nombre de blogueuses et de blogueurs partagent les billets sur Facebook, Twitter ou un autre réseau social. C’est compréhensible. C’est «comme ça qu’il faut faire», parce que d’autres le font, parfois avec des grands succès.

En réalité, n’importe quel petit blog – qui composent la grande majorité du genre – c’est une illusion. Certes, un billet partagé attire quelques dizaines de visites dans l’heure. Mais à y regarder de plus près, c’est illusion.

D’une part les visites proviennent souvent de proches sur les réseaux sociaux. Des personnes qui s’intéressent au nouveau billet à cause de sa source, non à cause de son contenu.

D’autre part, des nombreux liens sont aimés avant même que les internautes aient eu le temps de le lire. Et les commentaires témoignent souvent que le contenu n’a pas été lu ou vu entièrement.

Cela dit, une démarche POSSE (Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere) est toujours préférable à une seule publication sur les réseaux sociaux.

Vision à court terme

Les effets du médicament sont courts. Quelques minutes ou quelques heures après la publication, le partage n’a plus d’effets. Ce n’est pas très grave quand le contenu publié est ancré dans l’actualité.

C’est beaucoup plus embêtant quand le billet de blog ou la nouvelle page devrait durer. Si la seule source de visites est la perfusion des réseaux sociaux, les visites n’arriveront plus jamais.

J’observe que beaucoup de billets de blog ont une prétention légitime à durer. Alors que leur seul promotion par Facebook ou Twitter les condamne à l’éphémère.

L’obtention de liens (backlinks) est bien plus efficace dans la durée. C’est une démarche plus lente, mais la construction est pérenne. Elle est utile tant pour les moteurs de recherche que pour s’affranchir des moteurs de recherche!

Pérennisation du problème

Le souci, c’est que la suppression soudaine du partage sur les réseaux sociaux aura des répercutions immédiates. La «bulle» qui soutenait irrémédiablement la démarche n’est plus là. Les statistiques chutent.

Et alors, est-ce si grave? Les visites à court terme diminuent. Mais si un travail à long terme est fait, il y en aura plus au final. Quand une page dure, elle produit des fruits, à condition d’avoir le temps.

Il ne faut jamais oublier que les réseaux sociaux vivent des contenus qui leur sont fournis clés en main. Puis ils favorisent les «meilleurs» (the winner takes all), au mépris de celles et ceux qui les font vivre.

Accepter une baisse (temporaire) du nombre de visites, accepter de ne pas voir son ego flatté par des «J’aime!», c’est le seul moyen de sortir du cercle vicieux de la vaine «guérison des symptômes».

reflexions/perfusion-reseaux-sociaux.txt · Dernière modification: 30.04.2022 par Nicolas Friedli